Témoignage-Testimony

Je suis citoyenne canadienne québécoise et d’origine haïtienne. Actuellement, je suis sur l’aide sociale. La règlementation de sept jours pour être hors de la province du Québec pour les assistés sociaux, m’interpelle du plus profond de mon cœur. 1)En tant que citoyenne, 2) sur le plan humain et 3) du point de vue d’entrepreneure.

Mon témoignage commence ainsi : à l’été 2015, j’avais besoin d’un répit et suis sortie de la province pour plus de sept jours dans le but de voir ma famille et ainsi obtenir leur aide et soutien à l’étranger (Haïti).

À mon retour en octobre 2015, l’application de cette mesure m’a atteint à un tel point…Hé oui!, la citoyenne en moi s’est posée la question : «Pourquoi être si punitif?» Étant honnête, intègre et de bonne foi, il a fallu que je refasse toute la procédure.

Avez-vous idée de ce que cela veut dire?

  • Remplir le formulaire de plein pages et répondre à toutes les question redondantes,
  • Photocopier preuve billets et dates,
  • Produire relevés bancaire et j’en passe…

Mon humanité a pris un coup, je me suis sentie vulnérable. Cette réglementation abusive porte atteinte à ma dignité, il me semble. Ai-je le droit de pouvoir quitter ma province et de revenir à ma guise? C’est mon droit d’aller voir ma famille comme bon me semble. Hors, cette nouvelle réglementation me reproche tout ça. Où est la solidarité dont le programme du ministère en porte le nom?

Pour le moment, je suis sur l’aide sociale de façon temporaire et en tant qu’entrepreneure je peux être portée à suivre des formations en dehors de la province tel que Calgary et cette loi m’empêcherait de pouvoir le faire.

Pour conclure:

1) En tant que citoyenne respectable cette loi contrevient à mon libre arbitre

2) Sur le plan humain une telle règlementation aussi punitive donne-t-elle de bons résultats?

3) pourquoi pénaliser les prestataires d’aide sociale ?

Je termine en me demandant quelle image sociale cette règlementation projette-t-elle hors de la province du Québec : inclusive ou exclusive?

Témoignage direct.

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I am a Quebec Canadian citizen of Haitian origin.  Currently I am on welfare.  The regulation restricting people on welfare from leaving the province for more than 7 days touches me deeply 1) as a citizen, 2) as a human being, and 3) as an entrepreneur.

My story begins in the summer of 2015 when I needed a break and I left for Haiti for more than 7 days in order to see my family as well as to obtain their help and support.    When I returned in October 2015, the application of this measure had gotten to a point where the citizen in me asked the question : “Why are they being so punitive?”  Being honest, with integrity and in good faith, I had to re-apply.

Do you have any idea what that means?

It means:
– filling out a long form and responding to all kinds of redundant questions

  • Photocopying the proof of travel (tickets and dates)
  • Supplying them with bank statements, and even more things…

My humanity took a beating and I felt very vulnerable.  It seems to me that this abusive regulation undermines my dignity.  Do I have the right to leave the province and return of my own volition? It seems I have the right to visit my family.  However, this new regulation prevents this.  Where is the solidarity in the Ministry of Employment and Social Solidarity?

For the moment I am on welfare and as an entrepreneur I could be called upon to attend trainings outside of the province, in Calgary for example, and this law prevents me from fulfilling these obligations.

To conclude:

  • As a respectable citizen, this law infringes on my free will.
  • On the human level, does such a punitive regulation give good results?
  • Why penalise people on welfare?

I end by asking what social image this regulation projects outside of the province of Quebec: one of inclusivity or of exclusivity?

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