Conférence de presse- Press conference

REVUE DE PRESSE – PRESS REVIEW

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 Recours judiciaire pour invalider  la nouvelle limite pour les sorties du Québec à L’aide sociale

Montréal, le 17 mai 2016 – Plusieurs groupes communautaires montréalais s’unissent pour lancer aujourd’hui la campagne pauvre + captif afin de dénoncer un aspect particulièrement discriminatoire du Règlement sur l’aide aux personnes et aux familles. En effet, depuis mai 2015, une personne qui quitte le Québec pour plus de 7 jours consécutifs – ou 15 jours cumulatifs – dans un même mois perd son droit à l’aide sociale.

« Nombreuses sont les personnes qui cognent à notre porte pour comprendre pourquoi elles ne peuvent plus aller voir leur famille dans leur province ou leur pays d’origine. Cette mesure est déraisonnable et abusive. Elle enfreint les droits protégés par les chartes de manière injustifiée. Son objectif même est incompréhensible. Conséquemment, la mesure sera contestée devant les tribunaux », expose Me Stéphane Proulx, avocat aux Services juridiques communautaires de Pointe-Saint-Charles et Petite-Bourgogne.

Cette nouvelle restriction complexifie et précarise la vie de plusieurs personnes qui ont de la famille et des proches ailleurs au Canada ou dans le monde et qui, avant 2015, pouvaient quitter pour 1 mois sans problème. Cette mesure déraisonnable empêche d’abord et avant tout les prestataires d’aide sociale de voir les gens qui leur sont chers, de développer des réseaux de solidarité et de sortir du cycle de la pauvreté.

« Je suis une mère célibataire et il est très difficile d’arriver avec mon faible revenu d’aide sociale et le manque d’emplois. J’ai vu ma mère la dernière fois,  il y a environ cinq ans. J’espère emmener mes enfants la visiter, parce qu’elle est très malade et ils ne l’ont jamais vu. Je considère que je devrais être autorisée à laisser mes enfants connaître ma mère, avant qu’il ne soit trop tard », témoigne une prestataire de l’aide sociale directement affectée par la nouvelle limite.

Témoins des conséquences de cette nouvelle restriction dans la vie de leurs membres et participant.e.s, les groupes à l’initiative de la campagne pauvre + captif ont documenté les impacts de cette immobilisation forcée, qui s’attaque à la dignité des gens qui reçoivent de l’aide de dernier recours et renforce les préjugés contre les personnes vivant en situation de pauvreté. Ils dénoncent cette disposition règlementaire, ainsi que les autres modifications introduites en 2015.

Tout comme le projet de loi 70 présentement à l’étude à l’Assemblée nationale, la logique de ces mesures est de renforcer le contrôle sur les personnes à l’aide sociale, avec pour résultat que les barrières pour sortir de la pauvreté sont encore plus difficiles à surmonter.


PRESSE RELEASE

Welfare: Legal challenge to invalidate the new limit on leaving Quebec

Montreal, May 17th 2016 Several Montreal area community groups have united to launch the campaign Poor + Captive, denouncing a particularly discriminatory aspect of the regulations surrounding welfare. Since May 2015, someone who leaves Quebec for more than 7 consecutive days or 15 cumulative days in a calendar month loses their right to social assistance.

“So many people knock on our door, unable to understand why they can no longer visit their families in their province or country of origin. This regulation is unreasonable and abusive. It violates the human rights that are enshrined in the Charter of Rights and Freedoms.   The purpose of this regulation is also incomprehensible. As a result, this measure will be contested before the courts”, explained Stéphane Proulx, a lawyer with the Service juridiques communautaires de Pointe-Saint-Charles et Petite Bourgogne.

This new restriction makes life especially difficult for many people who have family and friends elsewhere in Canada or in other countries by preventing them from seeing their loved ones, from developing support networks, and from breaking the cycle of poverty.

“I am a single mother and it is very difficult to get by with the lack of jobs and the low welfare rate. The last time I saw my mother was five years ago. I would like to take my children to visit her, because she is very sick and they have never met her. I think I should be allowed to let my children meet their grandmother before it is too late,” explains a welfare recipient directly affected by the new restriction.

Witness to the consequences of this new restriction in the lives of their members, volunteers, and participants, the groups that are launching the campaign Poor + Captive have documented the impacts of this regulation and how it undermines the dignity of people receiving last resort financials assistance and reinforces prejudices towards those living in poverty.

Just like Bill 70, currently before the National Assembly, and the other cutbacks introduced in 2015, this regulation serves to reinforce control over people on welfare, making it even more difficult to escape poverty.

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